
Située dans la vallée de la Bouble qui s’élargit en vaste bassin, vestige sans doute d’un lac de piémont, SAINT-ELOY, cité industrielle de 4417 habitants (au recensement de 1999), étire en une longue procession désordonnée ses maisons le long de la route Départementale D2144, ancienne voie romaine qui partait d’AUGUSTONEMETUM (Clermont-Ferrand) pour aboutir à AVARICUM (Bourges).

Vue de St Eloy (des Vendes)
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Notre ville n’a pas l’ordonnance classique des localités déjà anciennes groupées à l’ombre du clocher ou au pied du château féodal. Non, elle déborde partout, laisse avec une ingrate désinvolture se morfondre celle qui lui a donné son nom : LE BOURG. SAINT-ELOY s'étale avec un sans-gêne charmant le long des routes latérales en pittoresques et gracieux faubourgs qui tiennent encore à leur individualité : La Vernade,
Les Rinchauds, Les Bayons.
La ville monte avec hardiesse vers le soleil, vers la lumière, en petites cités qui émaillent de leurs masses roses et blanches les collines verdoyantes.

Cités Côtes Buvat et Ferrandon
HISTOIRE DE LA CITE
La ville nouvelle n'en a pas ou presque pas. Son histoire se confond avec celle des Mines, avec celle du développement économique et des chemins de fer de la fin du XIXè siècle et de la première partie du XXème.
Mais c'est le VIEUX-BOURG qui, en dépit de sa mélancolique réserve, nous confie en même temps que le secret de sa naissance, les quelques faits dont il a été témoin et dont il se souvient encore...
Une charmante légende enveloppe son berceau : Saint-Ménélée et ses compagnons après de longues marches et de dures privations arrivèrent dans le pays des Arvernes. Ils furent arrêtés par les eaux grossies d'un ruisseau (La Bouble) et durent attendre avant de reprendre leur marche : une aubépine qui fleurit spontanément les abrita.
C'est à la même place que plusieurs années après (vers 690), en souvenir d'une si aimable hospitalité, Ménélée bâtissait une chapelle.
Plus tard, fut édifiée l'église romane qui, après bien des transformations, des réparations, est devenue celle que nous contemplons tous les jours, qui élève son massif clocher derrière un rideau de sveltes peupliers.

Eglise du Vieux-Bourg
Dans le choeur de l’Église se trouve un vitrail représentant Saint-Eloy et portant l’inscription suivante : « Il a mis son talent au service de Dieu, et son zèle à propager la foi. Saint-Eloy, priez pour nous ».
La fête patronale de Saint-Eloy est fêtée le 25 juin (à la
Saint-Prosper). Actuellement, il n’y a plus que 2 messes par an dans la vieille Église : le dimanche de Pentecôte pour les exposants de la Foire aux Vins et Saveurs du Terroir, et le deuxième dimanche de mai, à l’occasion de la Fête de la Chasse et de la Nature.
LA LEGENDE
Saint-Ménélée naquit vers l'année 654 au château de PARILLES, près de PRECIGNY en Anjou, d'une famille noble et riche, alliée aux Mérovingiens.
Dès son plus jeune âge Ménélée laissa présager de sa sainteté future ; il se complaisait dans la solitude et la prière et se faisait une joie de venir en aide aux pauvres. Dès l'âge de 7 ans, il fit voeu de chasteté pour se consacrer entièrement au Seigneur. Il fut un modèle de charité, de douceur et de piété.
Craignant de le voir quitter sa famille pour se consacrer entièrement à sa Foi, ses parents songèrent à le marier, de bonne heure, à Senza, fille d'un puissant seigneur nommé Baronte. Ils l'obligèrent à accepter des mains de Baronte un anneau de prix, comme gage de son prochain mariage. Peu enclin à attacher de la valeur aux biens matériels, et fidèle à la promesse qu'il avait faite à Dieu, Ménélée se tourmentait et ne voulait pas envisager ce mariage.
Peu avant la cérémonie, il confie son secret à deux jeunes domestiques, Savinien et Constance : il refuse tout ce que lui proposent ses parents et désire s'enfuir de la maison maternelle pour suivre sa voie spirituelle.
Une nuit, peu avant Pâques, il quitte le château de son père avec Savinien et Constance, et part en direction de l'Auvergne. Il avait appris que, dans ce pays, des pieux solitaires travaillaient à leur sanctification.

Vue du Vieux-Bourg
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Après quelques jours de marche, ils arrivèrent à l'endroit où, plus tard, fut bâti le château de MONTAIGUT-EN-COMBRAILLE. Les épaisses forêts pouvaient leur offrir une retraite ignorée. Savinien, de constitution délicate, proposait une halte à l'entrée de la belle vallée de La Vernade. Mais Constance et Ménélée voulurent pousser un peu plus loin et, au bout de quelques minutes, ils furent arrêtés par le ruisseau de la Bouble, grossi par les eaux qui avaient emporté le pont de bois sur lequel la route franchissait le flot. Le courant trop rapide obligea les voyageurs à passer la nuit sous un méchant abri de branches d'arbres (ou dans une grotte?), sur la hauteur voisine. C'est là qu'ils promirent de construire une chapelle - chapelle qui, agrandie, modifiée, donna l'église actuelle du Bourg. Quand les éléments furent calmés, ils reprirent leur route ; les eaux ayant baissé, ils franchirent le " torrent ", remontèrent les côtes des Pies Gauloises (Pigoil) et arrivèrent en deux heures de marche, après avoir franchi le plateau élevé (Bois des Brosses), au pied d'un bassin circulaire, aux rebords boisés, au fond tapissé de prairies verdoyantes.
Cité de Pigoil
Ils aperçurent, près des ruines de l'ancien monastère de Menat, un religieux assis à l'ombre d'un arbre : c'était Saint-Chaffre, aussi appelé Saint-Théophile, le procureur du monastère de Carnery, près du Puy-en-Velay. Ménélée lui demanda de lui indiquer un monastère dans lequel il pourrait préparer sa sanctification.
Saint- Chaffre l'installa à Carnery. Ménélée fut un modèle d'obéissance, d'humilité et de renoncement ; remarqué par ses vertus religieuses, il se fortifia dans l’étude des saintes lettres et dans la science qui fait les saints. Il passa sept ans dans cette sainte maison, qui furent pour lui un précieux noviciat et une halte sur le chemin du ciel.
Une nuit, dans le calme de la communauté, une voix l'appela par trois fois, l'engageant à retourner sur les ruines de l'ancien monastère de Menat. Ménélée, accompagné de Savinien et de Constance, quitta donc Carnery pour retrouver la vallée de la Sioule. Il reconnut les ruines éparses d'un ancien monastère, appelé Menat, fondé sous Clovis et qui avait été saccagé en 595. A l'aspect de ces murailles rappelant la sanctification de tant d'âmes, Ménélée se sent pressé de les relever. S'abritant dans un modeste réduit, travaillant sans relâche,
s'encourageant par la prière, les trois jeunes solitaires commencèrent la reconstruction de l'Abbaye. A la présence de ces nouveaux habitants, les échos de la vallée reprirent vie et retentirent du chant des psaumes et des accents de la prière. Dans ses prières, Ménélée confiait le soin de son entreprise au Dieu qui lui en avait donné l'idée. Il redoublait de courage et de ferveur. Son humble vertu, ses prières, sa vie mortifiée, ses oeuvres merveilleuses portèrent leurs fruits. Des âmes généreuses, des hommes blasés du monde, vinrent à son secours dans la reconstruction de son monastère.
La renommée de Ménélée retentit en Anjou, aux oreilles de sa mère, de sa soeur, de Senza, son ancienne fiancée. Elles décidèrent d'entreprendre ce long voyage pour revoir Ménélée. Arrivées à Menat, elles furent stupéfaites de l'oeuvre accomplie.
Ménélée les entretint avec tant d'onction et de force de la vanité des choses de ce monde éphémère, qu'elles se déterminèrent à dire adieu aux richesses de la terre.
Le monastère devenait de plus en plus florissant. Cependant, une nuit, un incendie le détruisit partiellement. Loin de se décourager, Ménélée, aidé par tous les habitants et les grâces des gens, reconstruisit inlassablement ce que le feu avait saccagé.
Pendant sa longue administration, le Saint partageait son temps entre la prière, la méditation et l'étude des saintes lettres, s'isolant dans une grotte proche, creusée dans le rocher (Lisseuil). Dans la maison, son esprit faisait une large part aux humbles qui y trouvaient une hospitalité aussi douce que confortable. Sa sainteté, ses oeuvres, ses miracles, firent bénir son nom dans toute la contrée.
Ménélée s'éteignit le 22 juillet 720 laissant un message de charité, d'abnégation et de Foi dans la prière.
Telle est la légende... SAINT-ELOY s'appelait alors
SAINT-HILAIRE-DE-MONTAIGUT.
C’est en 1136 que l'évêque de CLERMONT mit cette paroisse sous la dépendance de l'Abbaye de MENAT dont elle partagea le sort jusqu'à la Révolution.
Citons les événements importants qui ont marqué l'histoire de notre Ville :
569 - 570 : Épidémie de peste
712 : Occupation de la région par les Sarrasins
1136 : Érection en prieuré de l'Église de St Hilaire
1357 : Invasion des Anglais après la défaite de Poitiers
1533 : Le 8 septembre à 11 heures, le connétable de Bourbon en fuite vers Herment passe à Saint-Eloy
1570 : Nouvelle épidémie de peste
1631 : La peste s'étend sur toute l'Auvergne (emploi du vinaigre Quatre-Voleurs)
1709 : Misère à la fin du règne de Louis XIV. Pillage du prieuré de Saint-Eloy et de l'abbaye de Menat
1792 : Vente des biens nationaux dépendant de l'abbaye de Menat et des seigneuries d'alentour. Beaucoup de domaines de Saint-Eloy et des environs ont été constitués à cette époque
1793 : Fabrication d'armes par les artisans de la région avec le charbon de Saint-Eloy. Détérioration de l'église et pillage
1837 : Ordonnance royale accordant la première concession pour l'exploitation du charbon de Saint-Eloy
1868 : Ligne de chemin de fer de Lapeyrouse à Saint-Eloy
1890 : Ligne de chemin de fer de Saint-Eloy à Saint-Gervais
1911 : Ligne de chemin de fer par le viaduc des Fades de
Saint-Eloy à Clermont-Ferrand
1946 : Nationalisation des Houillères, fusion des deux mines sous une direction unique
1979 : Fermeture de la Mine
La continuité et la solidarité des générations ont permis, avec l'aide des Mines, que l'humble bourgade perdue à l'orée des Combrailles reste pendant longtemps la septième ville du département.
D'après André BLANCART
Autrefois appelé SANCTUS-ELEGIUS ou SAINT-HILAIRE, SAINT-ELOY doit son nom au célèbre ministre de DAGOBERT. Les habitants sont les Eloysiens. SAINT-ELOY gardera son nom pendant la Révolution.
Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, une nouvelle Église, plus vaste et plus centrale fut édifiée.
A l’intérieur de l’Église Sainte Jeanne D’Arc, sous la nef,
au-dessus du portail d’entrée, se trouve un écusson représentant une crosse épiscopale entourée des lettres S.E.
Les peintures de cette Église, de même que celles de l’Église du Vieux-Bourg, ont été réalisées par le peintre Henri LANDAIS (école italienne), en 1946/1950, et des artisans peintres de la région (M. JAMBRUN entre autres).

Déjà en 1695, près du VIEUX-BOURG, on avait découvert et exploité un filon argentifère (minerai de plomb et d'argent). C'est à partir de cette époque que SAINT-HILAIRE-DE-MONTAIGUT devint SAINT-ELOY-LES-MINES.
En 1793, le charbon de SAINT-ELOY trouva son premier emploi industriel, les artisans de la région s'en servirent pour fabriquer des armes.
Il fallut attendre 1837 pour qu'une ordonnance royale accorde la première concession pour l'exploitation du charbon de
SAINT-ELOY. Les Mines de SAINT-ELOY, nationalisées en 1946, et après avoir connu des records de production dans les années 50, ont fermé définitivement en 1979 pour cause d'épuisement du gisement.
Depuis 1971, SAINT-ELOY-LES-MINES est en pleine reconversion avec la diversification de son tissu industriel (laine de roche, fonderies de fonte, d'aluminium, moulages en plastique, etc...) et le développement du tourisme (centre de loisirs, camping, plan d'eau...).


Lampe de Mineur
LES HOUILLERES D’AUVERGNE
Créées par trois décrets successifs des 28 juin, 17 juillet et
16 septembre 1946,
les Houillères du Bassin d’Auvergne ont un domaine qui s’étend sur cinq
départements : Allier, Cantal, Creuse, Haute-Loire et Puy de Dôme.
Les concessions des Houillères du Bassin d’Auvergne ont une superficie de 32 000
km2. C’est l’un des plus vastes bassins français ; il comprend 8 exploitations
indépendantes avant 1946, date de la nationalisation des mines de houille.
LES MINES DE SAINT-ELOY
Le groupe de Saint-Eloy est appelé : groupe des « Flambants ».
Situé sur ce qu’on appelle fréquemment le « Grand sillon houiller du Massif
Central », qui s’étend de MOULINS jusqu’à DECAZEVILLE, le bassin de SAINT-ELOY a été le plus grand bassin de la bordure ouest de l’Auvergne. Exploité, selon la
tradition orale, depuis un jour de 1789, juste avant la Révolution, jusqu’au 15 janvier
1978, date du dernier jour d’exploitation, il a laissé des traces encore visibles de sa
longue période d’activité.
Le bassin de Saint-Eloy s’allonge sur 24 Km environ, entre
« La Vernade » au nord et
Saint-Priest-des-Champs. Sa plus grande largeur n’excède pas 1250 mètres. Il
s’agit d’une longue cuvette écrasée entre les lèvres cristallines dont la profondeur
augmente du Nord au Sud et reste du même ordre que la largeur du bassin. La zone
Nord, intensément exploitée (concession de la Vernade, de la Roche, de la Bouble),
couvre une surface inférieure à 5 Km2.
L’étude de la faune et de la flore du bassin houiller a permis de situer l’étage de
Saint-Eloy, dans le « Stéphanien moyen ». La flore du bassin a été spécialement étudiée par Messieurs Grand’Eury, Zeiller et Paul Bertrand.
LA VIEILLE MINE

Mineurs dans la cage qui
les emmène au fond
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La première mention du charbon se trouve dans une correspondance d’un
Subdélégué de MONTAIGUT, avec l’Intendant, en 1741.
1768 : en novembre, un rapport signale : « A SAINT-ELOY, les mines appartiennent à quelques particuliers qui les louent à 4 ou 5 journaliers. Ceux-ci travaillent lorsqu’ils
n’ont rien de mieux à faire, 3 mois de l’année environ […] Ces exploitations artisanales
se situeraient dans la vallée de la Vernade (au Nord de la paroisse de Saint-Eloy), mais
ce n’est qu’en 1836 que des demandes de concessions ont été faites.
A cette époque, au XVIIIème siècle, la paroisse de SAINT-ELOY était bien peu
connue et ne comportait que 150 à 200 maisons ; les deux seules « agglomérations » importantes étaient celle du Bourg, avec sa dizaine de maisons, et
celle de la Vernade.
1er avril 1836 : Messieurs RAMBOURG Frères, Maîtres de Forge à COMMENTRY
et à TRONCAIS, adressèrent une demande de concession contre laquelle s’élevèrent
plusieurs oppositions, entre autres une de Messieurs THEVENIN, père et fils.
27 décembre 1837 : une Ordonnance Royale accorda deux concessions :
- À Messieurs RAMBOURG, la concession dite de
La Vernade (154 ha.)
- À Messieurs THEVENIN, la concession dite de
La Roche (198 ha.)
Les deux concessions, sur lesquelles les propriétaires du sol avaient déjà installé une
série d’exploitations à ciel ouvert et souterraines, furent, après les décrets de
concessions, plus actives mais aussi plus désordonnées. Extraction de 18 000
tonnes/an, avec des débouchés sur MONTLUCON/BOURGES pour approvisionner les
usines de fer de l’Allier, du Cher et de la Nièvre.
1840 : les résultats négatifs découragèrent les premiers exploitants et c’est ainsi
que Messieurs RAMBOURG cédèrent leur concession de la Vernade à un marchand de
bois, le Sieur GAILLARD.
1845 : le 5 mai, à 5 heures, les grands piliers en charbon s’éboulent. Six personnes
restent pendant onze jours enfermées. On les sortira de cette situation après avoir
creusé un puits de 18 m.
1851 : l’exploitation de La Vernade pénétra, suite à une erreur de plans, dans les
travaux en feu de La Roche : sept ouvriers furent asphyxiés par les gaz délétères.
Cette catastrophe fit suspendre les travaux dans les deux concessions.
La même année, Messieurs DEHAYNIN, PALOTTE et VIRLOY devinrent propriétaires
de la concession de La Roche.
25 mars 1859 : un Décret Impérial autorisa la réunion des deux concessions sous
forme de société civile.
1863 : la société civile devient la «COMPAGNIE ANONYME DES HOUILLÈRES ET DU
CHEMIN DE FER DE SAINT-ELOY»
21 juillet 1879 : la Compagnie Anonyme des Houillères obtint, par décret, une
extension de la concession de la Vernade de
24 ha.
17 novembre 1879 : mise en liquidation de la Compagnie Anonyme des Houillères.
24 avril 1881 : A la barre du Tribunal Civil de la Seine, l'adjudication eut lieu, et la Compagnie des Forges de CHATILLON-COMMENTRY se rendit acquéreur pour la
somme de 300 000 Francs.
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L’exploitation devint plus rationnelle. Les concessionnaires précédents ne s’étant
livrés qu’à des grattages superficiels ou à une exploitation peu cohérente, la nouvelle
société entrait en possession d’un puits en mauvais état – le Puits Sainte-Barbe -,
d’une installation sommaire de criblage près de ce puits, d’une exploitation anarchique
de la Tranchée de Morny. Une seule fiche de consolation : le Puits du Manoir, foncé à
140 mètres et le Puits n°3, foncé à 70 mètres. On entreprit aussitôt les aménagements nécessaires : réparation du Puits Sainte-Barbe et fonçage du Puits Nord.
Puits Nord
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1894 : après approfondissement, l’extraction fut reportée sur le Puits du Manoir qui
fut doté d’un atelier de préparation mécanique des charbons capable de produire 300 000 tonnes par an.
1895 : remblaiement du Puits Sainte-Barbe.
LES GRANDS TRAVAUX : DE 1918 A 1926
1896 : la découverte par le Puits Tollin, à la profondeur de 280 mètres, d’une
puissante formation de houille, amène de nouvelles perspectives pour le gisement de
SAINT-ELOY.
1897 : fonçage du Puits Saint-Joseph.

Puits Saint-Joseph
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1898 : en début d’année, un coup de grisou au moment du fonçage fera quatre
morts.
Tous ces efforts de rationalisation, doublés d’une amélioration des méthodes
d’exploitation et de lutte contre les feux, portèrent leurs fruits, puisque
l’effectif et la production progressèrent.
Années |
Effectifs |
Production |
1882
1900 |
885 (dont 660 au fond)
1264 (dont 976 au fond)
|
123 000 tonnes
252 000 tonnes |
Production stabilisée aux environs de 230 000 tonnes de 1900 à 1914, avec un effort
pendant la Guerre : production de 277 000 tonnes en 1917.
1918-1926 : la Guerre terminée, pour remplacer les installations devenues
désuètes et pour tenir compte de la découverte du riche gisement Sud et de
l’appauvrissement des zones Nord, un Programme de concentration fut mis en place.
- Aménagement du Puits Saint-Joseph en puits principal d’extraction,
- Construction d’un nouvel atelier de préparation mécanique près de ce
puits,
- Construction d’une station centrale de compresseurs et d’une centrale
thermique pour brûler les bas produits.
Une fois ce programme terminé, la production de la vieille mine se maintint aux
environs de 190 000 tonnes/an.
LA NATIONALISATION DE 1946
La nationalisation regroupe les deux anciennes compagnies de la « vieille mine »
(Compagnie des Forges de
Chatillon-Commentry et Neuves-Maisons) et de la
« nouvelle mine » (Société Anonyme des mines de la Bouble) et crée ainsi le groupe de
SAINT ELOY-BOUBLE, avec les deux divisions de Saint-Eloy et de la Bouble.
L’extraction se concentre sur le Puits Saint-Joseph de la division de Saint-Eloy.
26 janvier 1950 : le bassin de Saint-Eloy connaît les heures les plus tragiques de
son histoire. Il était 12 h 45, au puits sud de la vieille mine, les mineurs de l’équipe du
matin terminaient leur journée de travail lorsqu’une terrible explosion ébranla les
galeries. Cette déflagration fut si violente qu’elle fut perçue de puits assez éloignés.
Cette catastrophe était due à un coup de grisou dans un chantier de préparation.
Treize mineurs trouvèrent la mort et une vingtaine d’autres furent intoxiqués. Tous
les habitants du bassin minier assistèrent aux obsèques, afin de rendre un dernier
hommage aux victimes, autour du Docteur Michel, Conseiller Général, du Préfet et de
nombreuses personnalités.
Aujourd’hui, en hommage aux « Gueules Noires » qui ont perdu la vie ce jour là, une rue est baptisée : «rue du 26 janvier 1950», dans le quartier des
Terceries.
Obsèques des mineurs
A partir des années 1950, on s’est occupé d’augmenter la production par
concentration, mécanisation et électrification.
On pouvait compter plus de 40 corps de métiers différents à la mine, parmi
lesquels :
- lampiste – magasinier,
- Machiniste,
- Cantonnier,
- Boiseur,
- Receveur – encageur
- Équarisseur,
- Boutefeu,
- Piqueur (en traçage, en taille, Armstrong)
- Géomètre,
- Ingénieur, |
- Foreur,
- Rabatteur,
- Ripeur,
- Plancheur,
- Foudroyeur,
- Maçon,
- Mécanicien,
- Soudeur,
- Technicien,
- Maître-mineur,
- Et bien d'autres encore |
Le boisage d’une galerie
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A cette liste non exhaustive, il faudrait ajouter tous les métiers du jour :
- ateliers,
- lavoirs,
- triage,
- chantiers des bois,
|
- magasins,
- palefreniers,
- services administratifs,
- etc,… |
Le triage du charbon
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Production en 1966 : 520 000 tonnes de flambant à 33% de matières volatiles, concentrées essentiellement sur le Puits Saint -Joseph
Année
|
Production
|
Personnel
Total Fond |
Rendement Fond
|
1946
1951
1958
1967
1976 |
404 700 T
506 100 T
740 500 T
477 200 T
99 000 T
|
2135
1923
1707
932
304 |
1365
1366
1181
595
186 |
0.980 T
1.280 T
2.130 T
3.110 T
4.200 T |
Le nouveau Puits Saint -Joseph
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Les réserves de houille techniquement exploitables, s’épuisent. Au 1er janvier 1977,
elles sont évaluées à 193 000 Tonnes.
En 1977, on extrait 79 300 Tonnes.
Une estimation de toutes les données connues permet d’évaluer le total de charbon
extrait depuis l’origine à 39 000 000 Tonnes. Le bassin de Saint-Eloy a compté jusqu’à
52 puits de fonçage.
LA FIN DE L’EXPLOITATION MINIERE
Le gisement de SAINT-ELOY est épuisé.
Si le 31 décembre 1977 marqua officiellement la fin de l’extraction, ce ne fut que
le 15 janvier 1978 que cessa toute activité productrice des mineurs de fond. La
mine, qui avait en un siècle fait d’un petit bourg agricole une cité industrielle forte de
6 000 habitants en 1977, s’est éteinte doucement au fil des années.
La mine qui compta près de 3 000 mineurs en 1947, ne comptait plus que 44 mineurs
et 55 personnes le jour de la fermeture. Elle n’embauchait plus depuis 1958. On
envisageait déjà sa fermeture en 1960, mais l’amélioration des résultats de son
exploitation a permis son maintien jusqu’à l’épuisement du gisement.
Pourtant, même après la fermeture des mines, la ville de SAINT- ELOY continuera
pendant longtemps à porter les traces de son activité. Des quartiers entiers
d’habitations ont disparu. Quelques maisons subsistent encore, cerclées de fer.

Détails sur une maison cerclée
Après la fermeture des mines, s’enchaîne la destruction des «vestiges miniers»,
qui présentent un danger. Cette destruction avait déjà commencé un demi-siècle
plus tôt, avec la disparition de la célèbre cheminée du Puits du Manoir.
Le 8 juin 1983, sous la charge des artificiers, disparaissaient les imposantes
structures qui entouraient le Puits Saint-Joseph. Il était 17h59…téléphérique, four
sécheur, machine d’extraction, lavoirs, s’en allaient.

Destruction des bâtiments miniers
Reste aujourd’hui le chevalement du Puits Saint-Joseph, seul survivant d’un glorieux
passé.
Une stèle a été déposée aux pieds du Puits en hommage à la grande famille des
mineurs.
Une statue représentant un mineur de fond au travail, orne également le rond point de
l’Entrée Sud de la Ville.
Statue d'un Mineur de Fond
La ville de SAINT-ELOY a entrepris et réussi sa reconversion, mais elle n’oublie pas
pour autant son passé et ceux qui ont contribué à son essor, comme en témoignent
ces monuments à leur mémoire.
Tous les ans, le premier dimanche de décembre, les anciens mineurs célèbrent
Sainte Barbe – Sainte patronne des Mineurs. C’est une tradition qui perdure
dans ce bassin minier.
Une gerbe est déposée aux pieds du Puits Saint Joseph en hommage aux disparus ; les
mineurs accompagnent ensuite la statue de Sainte Barbe à l’Église Jeanne d’Arc pour
une messe en leur honneur. Des brioches sont distribuées à la fin de l’office.

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Moment de retrouvailles pour les anciens Mineurs lors des célébrations de la Sainte-Barbe
Remerciements à Monsieur Jacques LAVÉDRINE, Président de l’association « Souvenir et Patrimoine du Mineur ».