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Historique de l'exploitation minière

Les houillères d'Auvergne

Créées par trois décrets successifs des 28 juin, 17 juillet et 16 septembre 1946, les Houillères du Bassin d'Auvergne ont un domaine qui s'étend sur cinq départements : Allier, Cantal, Creuse, Haute-Loire et Puy de Dôme.

Les concessions des Houillères du Bassin d'Auvergne ont une superficie de 32 000 km2. C'est l'un des plus vastes bassins français; il comprend 8 exploitations indépendantes avant 1946, date de la nationalisation des mines de houille.

Les mines de Saint-Eloy

Le groupe de Saint-Eloy est appelé : groupe des « Flambants ».

Situé sur ce qu'on appelle fréquemment le « Grand sillon houiller du Massif Central », qui s'étend de MOULINS jusqu'à DECAZEVILLE, le bassin de SAINT-ELOY a été le plus grand bassin de la bordure ouest de l'Auvergne. Exploité, selon la
tradition orale, depuis un jour de 1789, juste avant la Révolution, jusqu'au 15 janvier 1978, date du dernier jour d'exploitation, il a laissé des traces encore visibles de sa longue période d'activité.

Le bassin de Saint-Eloy s'allonge sur 24 Km environ, entre
« La Vernade » au nord et Saint-Priest-des-Champs. Sa plus grande largeur n'excède pas 1250 mètres. Il s'agit d'une longue cuvette écrasée entre les lèvres cristallines dont la profondeur augmente du Nord au Sud et reste du même ordre que la largeur du bassin. La zone Nord, intensément exploitée (concession de la Vernade, de la Roche, de la Bouble), couvre une surface inférieure à 5 Km2.

L'étude de la faune et de la flore du bassin houiller a permis de situer l'étage de Saint-Eloy, dans le « Stéphanien moyen ». La flore du bassin a été spécialement étudiée par Messieurs Grand'Eury, Zeiller et Paul Bertrand.

Mineurs
Les mines
Mineurs dans la cage

Puit Saint-Joseph

La vieille mine

Puits Nord Vieille Mine

Puits Nord


La première mention du charbon se trouve dans une correspondance d'un Subdélégué de MONTAIGUT, avec l'Intendant, en 1741.

  • 1768 : en novembre, un rapport signale : « A SAINT-ELOY, les mines appartiennent à quelques particuliers qui les louent à 4 ou 5 journaliers. Ceux-ci travaillent lorsqu'ils n'ont rien de mieux à faire, 3 mois de l'année environ […] Ces exploitations artisanales se situeraient dans la vallée de la Vernade (au Nord de la paroisse de Saint-Eloy), mais ce n'est qu'en 1836 que des demandes de concessions ont été faites.

    A cette époque, au XVIIIème siècle, la paroisse de SAINT-ELOY était bien peu connue et ne comportait que 150 à 200 maisons ; les deux seules « agglomérations » importantes étaient celle du Bourg, avec sa dizaine de maisons, et celle de la Vernade.

  • 1er avril 1836 : Messieurs RAMBOURG Frères, Maîtres de Forge à COMMENTRY et à TRONCAIS, adressèrent une demande de concession contre laquelle s'élevèrent plusieurs oppositions, entre autres une de Messieurs THEVENIN, père et fils.

  • 27 décembre 1837 : une Ordonnance Royale accorda deux concessions :
    - À Messieurs RAMBOURG, la concession dite de La Vernade (154 ha.)
    - À Messieurs THEVENIN, la concession dite de La Roche (198 ha.)
    Les deux concessions, sur lesquelles les propriétaires du sol avaient déjà installé une série d'exploitations à ciel ouvert et souterraines, furent, après les décrets de concessions, plus actives mais aussi plus désordonnées. Extraction de 18 000 tonnes/an, avec des débouchés sur MONTLUCON/BOURGES pour approvisionner les usines de fer de l'Allier, du Cher et de la Nièvre.

  • 1840 : les résultats négatifs découragèrent les premiers exploitants et c'est ainsi que Messieurs RAMBOURG cédèrent leur concession de la Vernade à un marchand de bois, le Sieur GAILLARD.

  • 1845 : le 5 mai, à 5 heures, les grands piliers en charbon s'éboulent. Six personnes restent pendant onze jours enfermées. On les sortira de cette situation après avoir creusé un puits de 18 m.

  • 1851 : l'exploitation de La Vernade pénétra, suite à une erreur de plans, dans les travaux en feu de La Roche : sept ouvriers furent asphyxiés par les gaz délétères. Cette catastrophe fit suspendre les travaux dans les deux concessions.
    La même année, Messieurs DEHAYNIN, PALOTTE et VIRLOY devinrent propriétaires de la concession de La Roche.

  • 25 mars 1859 : un Décret Impérial autorisa la réunion des deux concessions sous forme de société civile.

  • 1863 : la société civile devient la «COMPAGNIE ANONYME DES HOUILLÈRES ET DU CHEMIN DE FER DE SAINT-ELOY»

  • 21 juillet 1879 : la Compagnie Anonyme des Houillères obtint, par décret, une extension de la concession de la Vernade de 24 ha.

  • 17 novembre 1879 : mise en liquidation de la Compagnie Anonyme des Houillères.

  • 24 avril 1881 : A la barre du Tribunal Civil de la Seine, l'adjudication eut lieu, et la Compagnie des Forges de CHATILLON-COMMENTRY se rendit acquéreur pour la somme de 300 000 Francs.

    L'exploitation devint plus rationnelle. Les concessionnaires précédents ne s'étant livrés qu'à des grattages superficiels ou à une exploitation peu cohérente, la nouvelle société entrait en possession d'un puits en mauvais état – le Puits Sainte-Barbe -, d'une installation sommaire de criblage près de ce puits, d'une exploitation anarchique de la Tranchée de Morny. Une seule fiche de consolation : le Puits du Manoir, foncé à 140 mètres et le Puits n°3, foncé à 70 mètres. On entreprit aussitôt les aménagements nécessaires : réparation du Puits Sainte-Barbe et fonçage du Puits Nord.

  • 1894 : après approfondissement, l'extraction fut reportée sur le Puits du Manoir qui fut doté d'un atelier de préparation mécanique des charbons capable de produire 300 000 tonnes par an.

  • 1895 : remblaiement du Puits Sainte-Barbe.

Les grands travaux : de 1918 à 1926

Puits Saint Joseph

Puits Saint Joseph


  • 1896 : la découverte par le Puits Tollin, à la profondeur de 280 mètres, d'une puissante formation de houille, amène de nouvelles perspectives pour le gisement de SAINT-ELOY.

  • 1897 : fonçage du Puits Saint-Joseph.

  • 1898 : en début d'année, un coup de grisou au moment du fonçage fera quatre morts.

    Tous ces efforts de rationalisation, doublés d'une amélioration des méthodes d'exploitation et de lutte contre les feux, portèrent leurs fruits, puisque l'effectif et la production progressèrent.

    Années
    Effectifs
    Production
    1882
    1900
         885 (dont 660 au fond)
    1264 (dont 976 au fond)
    123 000 tonnes
    252 000 tonnes

    Production stabilisée aux environs de 230 000 tonnes de 1900 à 1914, avec un effort pendant la Guerre : production de 277 000 tonnes en 1917.

  • 1918-1926 : la Guerre terminée, pour remplacer les installations devenues désuètes et pour tenir compte de la découverte du riche gisement Sud et de l'appauvrissement des zones Nord, un Programme de concentration fut mis en place.
               - Aménagement du Puits Saint-Joseph en puits principal d'extraction,
               - Construction d'un nouvel atelier de préparation mécanique près de ce puits,
               - Construction d'une station centrale de compresseurs et d'une centrale thermique pour brûler les bas produits.

    Une fois ce programme terminé, la production de la vieille mine se maintint aux environs de 190 000 tonnes/an.

La nationalisation de 1946

Boisage galerie
Triage du charbon
Boisage d'une galerie

Triage du charbon

La nationalisation regroupe les deux anciennes compagnies de la « vieille mine » (Compagnie des Forges de
Chatillon-Commentry et Neuves-Maisons) et de la
« nouvelle mine » (Société Anonyme des mines de la Bouble) et crée ainsi le groupe de SAINT ELOY-BOUBLE, avec les deux divisions de Saint-Eloy et de la Bouble. L'extraction se concentre sur le Puits Saint-Joseph de la division de Saint-Eloy.

  • 26 janvier 1950 : le bassin de Saint-Eloy connaît les heures les plus tragiques de son histoire. Il était 12 h 45, au puits sud de la vieille mine, les mineurs de l'équipe du matin terminaient leur journée de travail lorsqu'une terrible explosion ébranla les galeries. Cette déflagration fut si violente qu'elle fut perçue de puits assez éloignés. Cette catastrophe était due à un coup de grisou dans un chantier de préparation.

    Treize mineurs trouvèrent la mort et une vingtaine d'autres furent intoxiqués. Tous les habitants du bassin minier assistèrent aux obsèques, afin de rendre un dernier hommage aux victimes, autour du Docteur Michel, Conseiller Général, du Préfet et de nombreuses personnalités.

    Aujourd'hui, en hommage aux « Gueules Noires » qui ont perdu la vie ce jour là, une rue est baptisée : «rue du 26 janvier 1950», dans le quartier des Terceries.
Obsèques des mineurs

A partir des années 1950, on s'est occupé d'augmenter la production par concentration, mécanisation et électrification.

On pouvait compter plus de 40 corps de métiers différents à la mine, parmi lesquels :

- lampiste – magasinier, 
- Machiniste,
- Cantonnier,
- Boiseur,
- Receveur – encageur
- Équarisseur,
- Boutefeu,
- Piqueur (en traçage, en taille,   Armstrong)
- Géomètre,
- Ingénieur,
- Foreur,
- Rabatteur,
- Ripeur,
- Plancheur,
- Foudroyeur,
- Maçon,
- Mécanicien,
- Soudeur,
- Technicien,
- Maître-mineur,
- Et bien d'autres encore

A cette liste non exhaustive, il faudrait ajouter tous les métiers du jour :  

- ateliers,
- lavoirs,
- triage,
- chantiers des bois,
- magasins,
- palefreniers,
- services administratifs,
- etc,…

Production en 1966 : 520 000 tonnes de flambant à 33% de matières volatiles, concentrées essentiellement sur le Puits Saint -Joseph

Année

Production
  Personnel  
Total      Fond

Rendement Fond
1946
1951
1958
1967
1976

404 700 T
506 100 T
740 500 T
477 200 T
99 000 T

2135
1923
1707
932
304
1365
1366
1181
595
186
0.980 T
1.280 T
2.130 T
3.110 T
4.200 T
Nouveaux puits Saint Joseph

Nouveaux puits Saint Joseph


Les réserves de houille techniquement exploitables, s'épuisent. Au 1er janvier 1977, elles sont évaluées à 193 000 Tonnes.
En 1977, on extrait 79 300 Tonnes.
Une estimation de toutes les données connues permet d'évaluer le total de charbon extrait depuis l'origine à 39 000 000 Tonnes. Le bassin de Saint-Eloy a compté jusqu'à 52 puits de fonçage.

La fin de l'exploitation minière

Le gisement de SAINT-ELOY est épuisé.

Si le 31 décembre 1977 marqua officiellement la fin de l'extraction, ce ne fut que le 15 janvier 1978 que cessa toute activité productrice des mineurs de fond. La mine, qui avait en un siècle fait d'un petit bourg agricole une cité industrielle forte de 6 000 habitants en 1977, s'est éteinte doucement au fil des années.

La mine qui compta près de 3 000 mineurs en 1947, ne comptait plus que 44 mineurs et 55 personnes le jour de la fermeture. Elle n'embauchait plus depuis 1958. On envisageait déjà sa fermeture en 1960, mais l'amélioration des résultats de son exploitation a permis son maintien jusqu'à l'épuisement du gisement.

Pourtant, même après la fermeture des mines, la ville de  SAINT- ELOY continuera pendant longtemps à porter les traces de son activité. Des quartiers entiers d'habitations ont disparu. Quelques maisons subsistent encore, cerclées de fer.

Maison cerclée
Maison cerclée
Maison cerclée

Après la fermeture des mines, s'enchaîne la destruction des «vestiges miniers», qui présentent un danger. Cette destruction avait déjà commencé un demi-siècle plus tôt, avec la disparition de la célèbre cheminée du Puits du Manoir.
Le 8 juin 1983, sous la charge des artificiers, disparaissaient les imposantes structures qui entouraient le Puits Saint-Joseph. Il était 17h59…téléphérique, four sécheur, machine d'extraction, lavoirs, s'en allaient.

Destruction des mines

Destruction des bâtiments miniers


Reste aujourd'hui le chevalement du Puits Saint-Joseph, seul survivant d'un glorieux passé.

Une stèle a été déposée aux pieds du Puits en hommage à la grande famille des mineurs.
Une statue représentant un mineur de fond au travail, orne également le rond point de l'Entrée Sud de la Ville.

Statue mineur de fond

Statue d'un mineur de fond


DSC00029 Lampe de Mineur et Puits Saint Joseph

La ville de SAINT-ELOY a entrepris et réussi sa reconversion, mais elle n'oublie pas pour autant son passé et ceux qui ont contribué à son essor, comme en témoignent ces monuments à leur mémoire.

Tous les ans, le premier dimanche de décembre, les anciens mineurs célèbrent Sainte Barbe – Sainte patronne des Mineurs. C'est une tradition qui perdure dans ce bassin minier.
Une gerbe est déposée aux pieds du Puits Saint Joseph en hommage aux disparus ; les mineurs accompagnent ensuite la statue de Sainte Barbe à l'Église Jeanne d'Arc pour une messe en leur honneur. Des brioches sont distribuées à la fin de l'office.

Retrouvaille anciens mineurs
Saint Barbe
Retrouvaille d'anciens mineurs lors de la célébration de Sainte-Barbe

Hommages et remerciements à Monsieur Jacques LAVÉDRINE, qui a oeuvré en qualité de Président de l'association « Souvenir et Patrimoine du Mineur » pendant de nombreuses années, afin de faire connaître et vivre le patrimoine minier Eloysien.

 
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Puit Saint Joseph

Cheval mine

Equipement du mineur

Statue Mineur